dimanche 24 août 2014

samedi 23 août 2014

La Loupe

invitation affichette et Parcours de la Randonnée de La Loupe

vendredi 22 août 2014

Le Mont Ventoux ( récit )

Le Ventoux

Départ de Sault, pour des raisons de proximité de mon lieu de résidence et aussi parce que ce départ a la réputation d’être le plus « facile » bien qu’étant le plus long.
De Sault au sommet du Ventoux 26 Kms , 20 kms de pente douce avant l’arrivée au Chalet Reynard et la montée finale de 6 kms pente moyenne de 7%.

Il fait froid ce matin, 14 ° au départ, le vent s’est levé dans la nuit, ce vent de Provence, qui rafraîchit l’atmosphère, qui s’engouffre dans le vallées, qui fait le ciel bleu, qui arrache des feuilles aux arbres, Je le sens déjà et je sais que je vais lutter jusqu’au sommet et qu’il sera de plus en plus puissant sur cette montée finale où plus rien ne l’arrête.

À l’abri de la forêt la route s’élève dès le départ entre 4 et 5 % d’une pente régulière qui dure pendant les 12 premiers Kilomètres, le revêtement rend bien sous les roues, mon allure est régulière. Je m’arrête pour un petit ravitaillement alors que la route devient plus facile, le pourcentage s’est abaissé, le vent devient plus fort, je suis à mi parcours, des cyclos passent, des femmes, des enfants, des familles avec les petits dans les remorques. Certains accompagnateurs font les photos du papa dans l’effort. Je reprends ma route, le Chalet Reynard est annoncé à 1 Kilomètre, la route s’élève de nouveau.

Sommet à 6 KM je viens de voir la pancarte, celle qui est sur le coté à mi hauteur avec le petit cycliste debout sur les pédales et l’indication du pourcentage : 7% de pente moyenne, et le vent que je prends en plein visage, il fait 11°.
Sur le parking les voitures de ceux qui attendent, de ceux qui sont déjà redescendus, de ceux aussi qui partent du Chalet, j’hésite à m’arrêter mais je continue, une barre de céréales avant la grosse montée en roulant, ne pas se refroidir.

Sur le coté droit de la route nous roulons les uns derrière les autres mais chacun à son allure, un chapelet de vélos et cette pente qui déjà impressionne, le style est encore fluide, quelques touffes d’herbe surgissent des cailloux, je passe quelques vélos déjà en souffrance.

Sommet 4 Kms, altitude 1498 je vois le sommet où s’accrochent quelques nuages, très vite chassés par le vent qui forcit encore ou bien est-ce mes jambes qui fléchissent un peu, un jeune cyclo me passe debout sur les pédales, il a un maillot Festina et les jambes bronzées, rasées de frais.

Sommet 3 Kms, 1580 m, je suis dans le dur, 7,5 %, le vent me pousse vers la paroi, il n’y a plus que des cailloux, les vélos progressent en effectuant des zig-zags le long des bandes blanches, le soleil et le vent brûlent la peau , il me reste une couronne à l’arrière. Je passe une femme, grande et élégante dans son maillot de l’Ardéchoise, elle progresse les mains bien posées en haut du guidon, nous échangeons un sourire.

Sommet 2 Kilomètres. La caillasse, le sommet là haut, à droite un peu plus haut la stèle de Tom Simpson, un cyclo qui fait des photos et des bidons posés sur le socle, 1650 m d’altitude, le pourcentage s’élève encore, les nuages au sommet roulent de plus en plus vite, le cyclo Festina monte à pied, ma vitesse est descendue en dessous des 10 kms /h, je regarde de plus en plus souvent les bandes blanches sur la route.

Sommet 1km 1733 m pente moyenne 8% m’indique le petit bonhomme sur le panneau, un photographe essaie d’attraper mon sourire, je suis au bout de l’effort, moins de 7 km/h au compteur, la femme au maillot de l’Ardéchoise passe auprès de moi. Je ne regarde plus que les bandes, encore une, encore une, je rentre dans le nuage à 300 m, debout sur les pédales, je n’ai plus de couronne à l’arrière, arracher le dernier virage et les derniers mètres à plus de 10 %.

2h 30 de montée pour un si grand bonheur à 1912 mètres d’altitude

Ça y est, le vent me plaque contre le muret, il fait 8°, le coupe vent vite, une photo, redescendre tout de suite, croiser ceux qui n’en ont pas fini, admirer le paysage lunaire, magnifique, grandiose, croiser des enfants, des femmes, des hommes qui n’en n’ont pas fini.
Et la descente a faire, trop froide mais si belle et le village de Sault qui vit sa vie de village de montagne. Fin du voyage .


hga 2014








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